Location saisonnière contre hôtellerie : le duel qui fragilise les séjours de cure
Selon le bilan touristique 2025 de Tourisme Loiret, relayé par France 3 Régions, les hôtels du département ont enregistré 1,018 million de nuitées sur les neuf premiers mois de 2025, en repli de 1,4 % sur un an.

En face, les meublés de courte durée progressent de 4 % en nuitées, à volume d'offre quasi stable. Ce décrochage régional dessine la mécanique qui s'impose aussi à Avène, où se côtoient location saisonnière, hôtel thermal et Airbnb.
Le décrochage hôtelier
Les chiffres du Loiret sont sans appel:
- Taux d'occupation hôtelier 2025 (janvier-octobre): 56,5 %, en retrait de 0,6 point.
- 4 642 meublés actifs en moyenne mensuelle sur le département.
- 494 549 nuitées meublés sur dix mois, soit +4 %.
- Pierre-Alain Roiron, président du comité régional de tourisme Centre-Val de Loire, relève +6 % de locations sur les plateformes dès le premier trimestre 2026.
- L'hôtel Marguerite (Orléans) déclare –10 % de fréquentation sur la même période.
L'hôtellerie ne subit pas seulement une baisse de prix, mais un effet de ciseau tarifaire. Ondine Jalerat, propriétaire de l'hôtel Marguerite, résume la tension: des "tarifs impossibles à suivre" sur les plateformes. La guerre des prix se double d'un grief qualité: logements insalubres, nuisances sonores, écart entre la photo publiée et le bien livré. "Une concurrence qui est, en termes de qualité parfois dramatique", note-t-elle. L'image touristique du territoire en sort abîmée, faute de contrôle exercé sur les annonces.
Lecture pour Avène
Le mécanisme Loiret préfigure les arbitrages du curiste. À produit comparable, le meublé gagne du volume quand l'hôtel recule. À Avène, la location saisonnière joue sur deux tableaux: la cure thermale de trois semaines, où l'hôtel conserve l'argument de la restauration et de la proximité des soins, et la villégiature courte, où le studio sur plateforme l'emporte par le prix au mètre carré nuit. Pour le curiste qui compare un studio à 65 € et une chambre d'hôtel à 110 €, l'écart représente plus de la moitié du budget hébergement sur trois semaines.
Cinq critères à passer au crible avant de signer:
- Distance réelle aux thermes et au centre du village, mesurée en minutes à pied — pas l'adresse postale seule.
- Isolation phonique: simple ou double vitrage, exposition cour ou rue.
- État du logement: demander photos datées et plan d'accès, pas les visuels marketing.
- Conditions d'annulation: en cas de cure médicalement interrompue, la plateforme prévoit-elle un dédommagement?
- Charges réelles: chauffage, climatisation, ménage final, taxe de séjour — souvent hors prix affiché.
Verdict
À Avène comme dans le Loiret, la statistique tranche: le meublé gagne du volume quand l'hôtel recule. Mais l'hôtellerie thermal conserve un avantage structurel — restauration sur place, suivi médical, proximité immédiate des soins — que la plateforme ne reproduit pas. Le choix final se fait sur la qualité du bâti et la distance aux thermes, pas sur le seul tarif affiché.
