Locations saisonnières à Paris : les nouvelles règles strictes et les risques financiers
Selon le cabinet Kohen Avocats, la Ville de Paris a resserré depuis la rentrée de septembre 2026 la mécanique de contrôle des locations de courte durée: plafond abaissé à 90 jours par an pour la…

Selon le cabinet Kohen Avocats, la Ville de Paris a resserré depuis la rentrée de septembre 2026 la mécanique de contrôle des locations de courte durée: plafond abaissé à 90 jours par an pour la résidence principale, amende civile jusqu'à 100 000 euros par local, astreinte journalière tant que la situation n'est pas régularisée. Pour tout loueur, deux préalables: un numéro de déclaration délivré par le téléservice municipal, et, pour les résidences secondaires, une autorisation de changement d'usage avec compensation dès la première nuitée. La mesure est parisienne, mais le signal vaut pour l'ensemble du marché français des locations saisonnières.
Le triptyque réglementaire parisien
À Paris, trois conditions cumulatives encadrent la location touristique en meublé:
- Résidence principale: logement occupé au moins huit mois par an, sauf contrainte professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure reconnu par la mairie.
- Plafond annuel: 90 jours, contre 120 dans le reste du pays, depuis l'entrée en application de la loi du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur.
- Déclaration préalable: numéro attribué par le téléservice municipal, à afficher sur chaque annonce, conformément à l'article L. 324-1-1 du code du tourisme.
Pour une résidence secondaire, la première nuitée touristique déclenche l'obligation de changement d'usage avec compensation, formalité administrative à la charge du propriétaire. Payer la taxe de séjour ne couvre pas cette obligation.
Sanctions et contrôles
Les contrôles s'intensifient: agents assermentés en visite, signalements de voisins transmis au tribunal judiciaire, annonces bloquées en l'absence de numéro de déclaration valide. L'amende civile peut grimper jusqu'à 100 000 euros par local, à laquelle s'ajoute une astreinte journalière qui court jusqu'à régularisation complète. Beaucoup de propriétaires découvrent ces règles au moment de la réception d'un courrier de la mairie, quand leur annonce n'est pas déjà neutralisée par l'absence de numéro valide.
Deux sorties existent: la régularisation auprès de la mairie de Paris, ou la contestation devant le juge judiciaire.
Ce que cela implique hors de Paris
La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, renforce les outils de régulation à l'échelle locale; Paris en a déjà activé plusieurs, dont l'abaissement du plafond de 120 à 90 jours, la redéfinition de la preuve d'usage d'habitation et le relèvement des sanctions. Pour un propriétaire de meublé saisonnier hors capitale, trois vérifications s'imposent avant publication de l'annonce:
- Plafond annuel applicable dans la commune: 90 ou 120 jours selon la décision municipale.
- Numéro de déclaration valide, à intégrer dans chaque annonce.
- Statut de la résidence secondaire: changement d'usage avec compensation exigé, ou dispense locale en vigueur.
L'enjeu, en clair: tant que le cadre parisien ne s'est pas propagé, la conformité reste un exercice local. Mais les curseurs posés par Paris tracent déjà la cible.
